11/04/2015

Bande annonce sur la Grand-Place alchimique de Bruxelles

16:27 Écrit par jb dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alchimie, bruxelles, grand-place |  Facebook |

12/01/2010

La deuxième opération

La deuxième opération est illustrée sur les façades des maisons situées entre la rue de la colline et la rue des harengs.

maisons_2ieme_operation


Elle commence par la maison de droite: la maison du cerf volant.

cerfvolant


 

 

 

L'enseigne au dessus de la porte représente bien un cerf:

cerf_enseigne


Mais ce n'est pas l'enseigne originale. Celle-ci se trouve rue de la colline. C'est un bas-relief incrusté dans le mur:

cerf_volant_colline


 

 

 

Un cerf est poursuivi par un chien. Ses pattes ne reposent pas sur le sol. Il a l'air de voler. Ce détail est important car le cerf volant symbolise le mercure des alchimistes ( cervus  fugitivus ) ou le principe femelle de l'oeuvre.

A noter que le cerf volant était l'emblème de Charles VI. Ce roi de France était alchimiste et a écrit un traité: voir extrait par le lien.

Aux numéros 21 et 22, voici les maisons de Joseph et Anne:

anna_joseph


Elles symbolisent l'union du principe mâle et du principe femelle, c'est à dire l'union du soufre et du mercure.

 

A suivre...

 

 

19:31 Écrit par jb dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruxelles, grand-place, alchimie |  Facebook |

01/01/2010

Rubedo - roman alchimique

Parallèlement au présent blog et en me basant sur mes découvertes, j'ai entrepris d'écrire un roman. C'est un roman en ligne dont l'adresse est la suivante:

http://rubedo.skynetblogs.be/

Il évoluera en fonction de mon inspiration et éventuellement de vos remarques

Bonne lecture

18:43 Écrit par jb dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bruxelles, roman, alchimie |  Facebook |

21/12/2009

L'élixir de vie et le Duc d'Albe

L'alchimiste qui découvre la pierre philosophale peut en principe transmuter un vil métal en or. Mais à quoi bon la fortune si on n'a pas la santé ?

Heureusement la poudre philosophale permet de fabriquer un élixir de longue vie.

En voici la recette, retrouvée dans "le dictionnaire infernal" de 1825.

 

 

 

"ÉLIXIR DE VIE. — L'élixir de vie n'est autre chose, selon Trévisan , que la réduction de la pierre philosophale en eau mercurielle ; on l'appelle aussi or potable. Il guérit toutes sortes de maladies et prolonge la vie bien au delà des bornes ordinaires. L'élixir parfait ou rouge change le cuivre, le plomb, le fer et tous les métaux en or plus pur que celui des mines. L'élixir parfait au blanc, qu'on appelle encore huile de talc , change tous les métaux en argent trèsfin.

Voici la recette d'un autre élixir de vie. Pour faire cet élixir, prenez huit livres de suc mercuriel, deux livres de suc de bourrache, tiges et feuilles, douze livres de miel de Narbonne ou autre, le meilleur du pays ; mettez le tout à bouillir ensemble un bouillon pourl'écumer, passez-le par la chausse à Hyppocras, et clarifiez-le. Mettez à part infuser, pendant vingtquatre heures, quatre onces de racines de gentiane coupée par tranche, dans trois chopines de vin blanc , sur des cendres chaudes, agitant de temps en temps ; vous passerez ce vin dans un linge sans l'exprimer ; mettez cette collature dans lesdits sucs avec le miel, faisant bouillir doucement le tout, et cuire en consistance de sirop ; vous le mettrez rafraîchir dans une terrine vernissée , ensuite le déposerez dans des bouteilles que vous conserverez en un lieu tempéré , pour vous en servir, en en prenant tous les matins une cuillerée. Ce sirpp prolonge la vie, rétablit la santé contre toutes sortes de maladies, même la goutte, dissipe la chaleur des entrailles ; et quand il ne resterait dans le corps qu'un petit morceau de poumon , et que le reste serait gâté, il maintiendrait le bon et rétablirait le mauvais ; il guérit les douleurs d'estomac , la sciatique, les vertiges . la migraine , et généralement les douleurs internes. Ce secret a été donné par un pauvre paysan de Calabre à celui qui fut nommé par Charles V, pour général de cette belle armée navale qu'il envoya en Barbarie. Le bonhomme était âgé de cent trente-deux ans, à ce qu'il assura à ce général, lequel était allé loger chez lui ; et le voyant d'un si grand âge, il s'informa de sa manière de vivre, et de plusieurs de ses voisins, qui étaient presque tous âgés comme lui , et même aussi sains et gaillards que s'ils n'avaient eu que trente ans, quoique d'ailleurs ils avancèrent qu'ils avaient mené une vie assez libertine."

Mais qui était le général espagnol dont il est fait mention dans la recette?

Selon Paul de Saint Hilaire, il s'agissait du Duc d'Albe, tristement célèbre à Bruxelles puisqu'il réprima la révolte des gueux et ordonna l'exécution  des comtes d'Egmont et de Hornes en 1568.

ducalbe

 


 

Cette thèse est vraisemblable car le Duc d' Albe était général sous Charles Quint et était à la tête d'une armée de 8000 hommes lors de la bataille de Tunis en 1535. ( référence site ). En 1555, il devint commandant en chef des armées espagnoles en Italie. Est-ce à cette époque, qu'il reçut la recette du sirop  en Calabre ?

Savait-il que la voie sèche était illustrée sur la Grand-Place et qu'en interrogeant l'un ou l'autre alchimiste bruxellois, il pourrait obtenir l'ingrédient indispensable pour son élixir: le suc mercuriel ?

C'est évidemment de l'histoire fiction. Quoique...

J'aimerais pourtant signaler  que le comte de Hornes était alchimiste.

Philipe_de_Montmorency

 


 

Philippe de Montmorency, comte de Hornes avait un ancêtre célèbre, compagnon de Jeanne d'Arc: Gilles de Montmorency dit Gilles de Ray. Cet ancêtre s'était essayé à l'alchimie pour résoudre ses problèmes d'argent mais avait raté le Grand-Oeuvre. Par dépit il s'était jeté dans la magie. Cette pratique le mena à être exécuté en 1440 pour sodomie, sorcellerie et assassinats. 

Gilles_de_Rais

 


 

 

 

20/12/2009

Van Helmont - un alchimiste bruxellois

 

"Les philosophes hermétiques ont toujours cité avec une grande confiance, à l'appui de la vérité du fait général des transmutations, le témoignage de Van Helmont. Il était difficile, en effet, de trouver une autorité plus imposante et plus digne de foi que celle de l'illustre médecin-chimiste dont la juste renommée comme savant n'avait d'égale que sa réputation d'honnête homme. Les circonstances mêmes dans lesquelles la transmutation fut opérée avaient de quoi étonner les esprits, et l'on comprend que Van Helmont lui-même ait été conduit à proclamer la vérité des principes de l'alchimie, d'après l'opération singulière qu'il lui fut donné d'accomplir. Voici d'ailleurs le fait tel que Van Helmont le rapporte dans un de ses ouvrages.

En 1618, dans son laboratoire de Vilvorde, près de Bruxelles, Van Helmont reçut, d'une main inconnue, un quart de grain de pierre philosophale. Elle venait d'un adepte qui, parvenu à la découverte du secret, désirait convaincre de sa réalité le savant illustre dont les travaux honoraient son pays. Van Helmont exécuta lui-même l'expérience, seul dans son laboratoire. Avec le quart de grain de poudre qu'il avait reçu de l'inconnu, il transforma en or huit onces de mercure.

On ne peut mettre en doute aujourd'hui que, grâce à une supercherie adroite, grâce à quelque intelligence secrète avec les gens de la maison, l'adepte inconnu n'eût réussi à faire mêler, par avance, de l'or dans le mercure ou dans le creuset dont Van Helmont fit usage. Mais il faut convenir que cet événement, tel qu'il dut être raconté par l'auteur de l'expérience, était un argument presque sans réplique à invoquer en faveur de l'existence de la pierre philosophale. Van Helmont, le chimiste le plus habile de son temps, était difficile à tromper; il était lui-même incapable d'imposture, et il n'avait aucun intérêt à mentir, puisqu'il ne tira jamais le moindre parti de cette observation. Enfin, l'expérience ayant eu lieu hors de la présence de l'alchimiste, il était difficile de soupçonner une fraude. Van Helmont fut si bien trompé à ce sujet, qu'il devint, à dater de ce jour, partisan avoué de l'alchimie.

Il donna, en l'honneur de cette aventure, le nom de Mercurius à son fils nouveau-né. Ce Mercurius Van Helmont ne démentit pas, d'ailleurs, son baptême alchimique : il convertit Leibnitz à cette opinion ; pendant toute sa vie il chercha la pierre philosophale, et mourut sans l'avoir trouvée, il est vrai, mais en fervent apôtre."

Ce texte est extrait d'un essai historique de Louis Figuier datant de 1860. Le livre entier est consultable via le lien: google livres.

Il n'est pas inutile de rappeler que Jean-Baptiste Van Helmont né à Bruxelles en 1577 révéla scientifiquement l'existence des gaz dont le gaz carbonique. Certains le considèrent comme le Léonard de Vinci " belge ". CF biographie

 

 

19:55 Écrit par jb dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bruxelles, alchimie, van helmont |  Facebook |

05/10/2009

La Grand-Place de Bruxelles alchimique - 4ième partie - Eglise St Nicolas

Suite de la troisième partie

L'église St Nicolas va nous révéler d'autres secrets:

Sur la droite de l'autel St Nicolas, se dresse une statue de Sainte Barbara:

sainte_barbe

 

 


 

En réalité, il s'agit de Sainte Barbe patronne de tous les métiers liés au feu et donc la patronne des alchimistes. Elle était censée les protéger des explosions de l'athanor ( four des alchimistes ).

Aux pieds de la sainte, on remarque une tour. Selon la légende, cette tour symbolise son adhésion à la sainte trinité ( remarquez les trois fenêtres ).  

Les alchimistes reconnaîtront l'athanor plutôt que la tour.

athanor

 


 

athanorv2

 


 

Image extraite de De alchimia libri tres

A côté de la statue de Sainte Barbe, un lambris nous indique symboliquement le but de l'alchimie:

lambris

 

 


 

Au centre l'apôtre Simon qui allait être nommé Pierre:

 


« Et moi, je te dis que tu es Pierre et que, sur cette pierre, je bâtirai mon Église et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elles. Je te donnerai les clés du royaume des cieux : ce que tu lieras sur terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur terre sera délié dans les cieux. » [Matthieu, 16, 18-19]

 

Cette phrase est étrangement proche de la première phrase de la table d'émeraude d' Hermes Trismégiste, le père de l'alchimie:

" Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose"

L'alchimie ne vise pas seulement à obtenir la Pierre philosophale qui transforme le plomb en or. Cette pierre est l'étape indispensable pour créer l'elixir de longue vie qui rend immortel.

Les panneaux latéraux du lambris rappellent cette quête d'immortalité. Remarquez le sablier ailé en haut. Il symbolise la chute éternelle du temps, notre destinée vers une mort inéluctable. Mais il peut se renverser et le sable qui était descendu en bas peut se retrouver au dessus ( de nouveau allusion à la première phrase de la table d'émeraude ).

En bas du panneau un bien curieux crâne coiffé d'une couronne de laurier. Arbustre consacré à Apollon, le laurier symbolise l'immortalité acquise par la victoire.

A suivre ... 5 ième partie

02/09/2009

La Grand-Place de Bruxelles alchimique - 3ième partie - Eglise St Nicolas

Suite de la deuxième partie:

Je vous invite à suivre le parcours alchimique de la Grand-Place tel que suggéré par Paul de Saint-Hilaire.

L'adepte était censé pénétrer dans Bruxelles par la porte Ste Catherine ( ancien port de la ville ). Ce qui le ménerait tout droit vers l'église Saint Nicolas avant d'accèder à la Grand-Place par la rue au beurre.

st_nicolas

 


st_nicolas002

 

 


 

L'initié est invité à entrer dans l'église et découvre à l'entrée un Christ au pied doré:

christ_or

 


 

Il est d'usage de caresser le pied de la main droite. Geste qu'il faudra répéter à la fin du parcours alchimique mais cette fois sur le bras du gisant qui se trouve sous les arcades de la maison de l'étoile:

 

gisant

 


 

Mais revenons à l'église Saint Nicolas et allons voir l'autel dédié au saint patron des enfants.

st_nicolas003

 


 

Sous les pieds de Saint Nicolas remarquez  trois petits enfants:

st_nicolas004

 


 

Sans doute allusion à la légende des enfants au saloir:

 « Ils étaient trois petits enfants qui, s'en allaient glaner aux champs, » comme dit la chanson, « Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir.

Saint-Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et Saint-Nicolas ressuscita les trois enfants. »

D'autres histoires mettent en évidence le saint et le chiffre trois:

La légende des trois officiers

La légende des trois pucelles dont la fontaine se trouvait entre l'église et la grand-place, mais que la pudibonderie autrichienne obligea à cacher aux yeux du peuple. L'eau jaillissait de leurs seins. On racontait à l'époque qu'en jetant une pièce d'or dans la fontaine, il était possible de retrouver sa virginité.

Mais il suffit de lever les yeux au dessus de l'autel pour se convaincre que la trinité est vraiment présente:

st_nicolas005

 


 

st_nicolas006

 


 

Bon et alors ? Tout cela a l'air bien normal dans une église catholique. La trinité c'est le père, le fils et le saint esprit. L'oeil qui voit tout dans le triangle c'est Dieu tout simplement. Quel est le rapport avec l'alchimie ?

Il est bon de rappeler que le symbole du triangle rayonnant est partagé par d'autres institutions comme par exemple la franc-maçonnerie et que son origine est probablement liée à la mythologie égyptienne. Le triangle symbolise Isis, Osiris et Horus. L'oeil est celui d'Horus.

Pour info, le musée d'art et d'histoire du cinquantenaire à Bruxelles possède une petite  pyramide sculptée datant de l' Egypte ancienne. Au sommet un soleil rayonnant ou peut-être un oeil stylisé.

pyramide

 


 

Le triangle rayonnant se retrouve aussi dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. On ne peut pas dire que les révolutionnaires français étaient de fervents catholiques. Ils avaient instauré  le culte de l'être suprême afin de déchristianiser la France.

Declaration

 


 

 

Pour l'alchimie la trinité est synonyme de Grand-oeuvre. Le travail alchimique se divise en trois phases: l'oeuvre au noir, l'oeuvre au blanc et l'oeuvre au rouge. Pour l'alchimiste tout corps est constitué de trois substances: le soufre, le mercure et le sel:

« Parmi toutes les substances, il en est trois qui donnent à chaque chose leur corps, c'est-à-dire que tout corps consiste en trois choses. Les noms de celles-ci sont : Soufre, Mercure, Sel. Si ces trois choses sont réunies, alors elles forment un corps (...). La vision des choses intérieures, qui est le secret, appartient aux médecins. (...) Prenez l'exemple du bois. Celui-ci est un corps par lui-même. Brûlez-le. Ce qui brûlera, c'est le Soufre ; ce qui s'exhale en fumée, c'est le Mercure ; ce qui reste en cendres, c'est le Sel. (...) Ce qui brûle, c'est le Soufre ; celui-là [le Mercure] se sublime, parce qu'il est volatil ; la troisième Substance [le Sel] sert à constituer tout corps. »

extrait de Paracelse, Liber paramirum (1531), Livre I : "Des causes et origines des maladies provenant des trois premières Substances", chap. 2 : Œuvres médico-chimiques ou Paradoxes. Liber paramirum, trad. de l'all. J. Grillot de Givry (1913), Milan, Archè, coll. "Sebastiani", 1975, t. 1 p. 158-161.

Si le sel constitue tout corps, on comprend mieux la légende des trois enfants au saloir... Et si St Nicolas a attendu sept ans pour redonner vie aux trois enfants, c'est que le chiffre sept est aussi un chiffre alchimique...

Notez aussi qu'il y a sept anges autour du triangle rayonnant.

Saint-Hilaire fait remarquer qu' une tête de mort est posée sur le genou de l'ange inférieur gauche. Il symboliserait une des étapes de l' oeuvre alchimique: la putréfaction de la matière première:

putrefaction

 


 

A suivre... quatrième partie.