Bruxelles mystérieuse
Si tu demandes ton chemin à quelqu'un qui le connaît, tu risques de ne pas te perdre
Notre Dame du Sablon
La Grand-Place alchimique
Mon roman en ligne

12-01-2010

La deuxième opération

La deuxième opération est illustrée sur les façades des maisons situées entre la rue de la colline et la rue des harengs.

maisons_2ieme_operation


Elle commence par la maison de droite: la maison du cerf volant.

cerfvolant


 

 

L'enseigne au dessus de la porte représente bien un cerf:

cerf_enseigne


Mais ce n'est pas l'enseigne originale. Celle-ci se trouve rue de la colline. C'est un bas-relief incrusté dans le mur:

cerf_volant_colline


 

 

Un cerf est poursuivi par un chien. Ses pattes ne reposent pas sur le sol. Il a l'air de voler. Ce détail est important car le cerf volant symbolise le mercure des alchimistes ( cervus  fugitivus ) ou le principe femelle de l'oeuvre.

A noter que le cerf volant était l'emblème de Charles VI. Ce roi de France était alchimiste et a écrit un traité: voir extrait par le lien.

Aux numéros 21 et 22, voici les maisons de Joseph et Anne:

anna_joseph


Elles symbolisent l'union du principe mâle et du principe femelle, c'est à dire l'union du soufre et du mercure.

 

A suivre...

 

 


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12-01-2010, 19:31:07 jb
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01-01-2010

Rubedo - roman alchimique

Parallèlement au présent blog et en me basant sur mes découvertes, j'ai entrepris d'écrire un roman. C'est un roman en ligne dont l'adresse est la suivante:

http://rubedo.skynetblogs.be/

Il évoluera en fonction de mon inspiration et éventuellement de vos remarques

Bonne lecture


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01-01-2010, 18:43:06 jb
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21-12-2009

L'élixir de vie et le Duc d'Albe

L'alchimiste qui découvre la pierre philosophale peut en principe transmuter un vil métal en or. Mais à quoi bon la fortune si on n'a pas la santé ?

Heureusement la poudre philosophale permet de fabriquer un élixir de longue vie.

En voici la recette, retrouvée dans "le dictionnaire infernal" de 1825.

 

 

 

"ÉLIXIR DE VIE. — L'élixir de vie n'est autre chose, selon Trévisan , que la réduction de la pierre philosophale en eau mercurielle ; on l'appelle aussi or potable. Il guérit toutes sortes de maladies et prolonge la vie bien au delà des bornes ordinaires. L'élixir parfait ou rouge change le cuivre, le plomb, le fer et tous les métaux en or plus pur que celui des mines. L'élixir parfait au blanc, qu'on appelle encore huile de talc , change tous les métaux en argent trèsfin.

Voici la recette d'un autre élixir de vie. Pour faire cet élixir, prenez huit livres de suc mercuriel, deux livres de suc de bourrache, tiges et feuilles, douze livres de miel de Narbonne ou autre, le meilleur du pays ; mettez le tout à bouillir ensemble un bouillon pourl'écumer, passez-le par la chausse à Hyppocras, et clarifiez-le. Mettez à part infuser, pendant vingtquatre heures, quatre onces de racines de gentiane coupée par tranche, dans trois chopines de vin blanc , sur des cendres chaudes, agitant de temps en temps ; vous passerez ce vin dans un linge sans l'exprimer ; mettez cette collature dans lesdits sucs avec le miel, faisant bouillir doucement le tout, et cuire en consistance de sirop ; vous le mettrez rafraîchir dans une terrine vernissée , ensuite le déposerez dans des bouteilles que vous conserverez en un lieu tempéré , pour vous en servir, en en prenant tous les matins une cuillerée. Ce sirpp prolonge la vie, rétablit la santé contre toutes sortes de maladies, même la goutte, dissipe la chaleur des entrailles ; et quand il ne resterait dans le corps qu'un petit morceau de poumon , et que le reste serait gâté, il maintiendrait le bon et rétablirait le mauvais ; il guérit les douleurs d'estomac , la sciatique, les vertiges . la migraine , et généralement les douleurs internes. Ce secret a été donné par un pauvre paysan de Calabre à celui qui fut nommé par Charles V, pour général de cette belle armée navale qu'il envoya en Barbarie. Le bonhomme était âgé de cent trente-deux ans, à ce qu'il assura à ce général, lequel était allé loger chez lui ; et le voyant d'un si grand âge, il s'informa de sa manière de vivre, et de plusieurs de ses voisins, qui étaient presque tous âgés comme lui , et même aussi sains et gaillards que s'ils n'avaient eu que trente ans, quoique d'ailleurs ils avancèrent qu'ils avaient mené une vie assez libertine."

Mais qui était le général espagnol dont il est fait mention dans la recette?

Selon Paul de Saint Hilaire, il s'agissait du Duc d'Albe, tristement célèbre à Bruxelles puisqu'il réprima la révolte des gueux et ordonna l'exécution  des comtes d'Egmont et de Hornes en 1568.

ducalbe

 


 

Cette thèse est vraisemblable car le Duc d' Albe était général sous Charles Quint et était à la tête d'une armée de 8000 hommes lors de la bataille de Tunis en 1535. ( référence site ). En 1555, il devint commandant en chef des armées espagnoles en Italie. Est-ce à cette époque, qu'il reçut la recette du sirop  en Calabre ?

Savait-il que la voie sèche était illustrée sur la Grand-Place et qu'en interrogeant l'un ou l'autre alchimiste bruxellois, il pourrait obtenir l'ingrédient indispensable pour son élixir: le suc mercuriel ?

C'est évidemment de l'histoire fiction. Quoique...

J'aimerais pourtant signaler  que le comte de Hornes était alchimiste.

Philipe_de_Montmorency

 


 

Philippe de Montmorency, comte de Hornes avait un ancêtre célèbre, compagnon de Jeanne d'Arc: Gilles de Montmorency dit Gilles de Ray. Cet ancêtre s'était essayé à l'alchimie pour résoudre ses problèmes d'argent mais avait raté le Grand-Oeuvre. Par dépit il s'était jeté dans la magie. Cette pratique le mena à être exécuté en 1440 pour sodomie, sorcellerie et assassinats. 

Gilles_de_Rais

 


 

 

 


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21-12-2009, 16:38:38 jb
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20-12-2009

Van Helmont - un alchimiste bruxellois

 

"Les philosophes hermétiques ont toujours cité avec une grande confiance, à l'appui de la vérité du fait général des transmutations, le témoignage de Van Helmont. Il était difficile, en effet, de trouver une autorité plus imposante et plus digne de foi que celle de l'illustre médecin-chimiste dont la juste renommée comme savant n'avait d'égale que sa réputation d'honnête homme. Les circonstances mêmes dans lesquelles la transmutation fut opérée avaient de quoi étonner les esprits, et l'on comprend que Van Helmont lui-même ait été conduit à proclamer la vérité des principes de l'alchimie, d'après l'opération singulière qu'il lui fut donné d'accomplir. Voici d'ailleurs le fait tel que Van Helmont le rapporte dans un de ses ouvrages.

En 1618, dans son laboratoire de Vilvorde, près de Bruxelles, Van Helmont reçut, d'une main inconnue, un quart de grain de pierre philosophale. Elle venait d'un adepte qui, parvenu à la découverte du secret, désirait convaincre de sa réalité le savant illustre dont les travaux honoraient son pays. Van Helmont exécuta lui-même l'expérience, seul dans son laboratoire. Avec le quart de grain de poudre qu'il avait reçu de l'inconnu, il transforma en or huit onces de mercure.

On ne peut mettre en doute aujourd'hui que, grâce à une supercherie adroite, grâce à quelque intelligence secrète avec les gens de la maison, l'adepte inconnu n'eût réussi à faire mêler, par avance, de l'or dans le mercure ou dans le creuset dont Van Helmont fit usage. Mais il faut convenir que cet événement, tel qu'il dut être raconté par l'auteur de l'expérience, était un argument presque sans réplique à invoquer en faveur de l'existence de la pierre philosophale. Van Helmont, le chimiste le plus habile de son temps, était difficile à tromper; il était lui-même incapable d'imposture, et il n'avait aucun intérêt à mentir, puisqu'il ne tira jamais le moindre parti de cette observation. Enfin, l'expérience ayant eu lieu hors de la présence de l'alchimiste, il était difficile de soupçonner une fraude. Van Helmont fut si bien trompé à ce sujet, qu'il devint, à dater de ce jour, partisan avoué de l'alchimie.

Il donna, en l'honneur de cette aventure, le nom de Mercurius à son fils nouveau-né. Ce Mercurius Van Helmont ne démentit pas, d'ailleurs, son baptême alchimique : il convertit Leibnitz à cette opinion ; pendant toute sa vie il chercha la pierre philosophale, et mourut sans l'avoir trouvée, il est vrai, mais en fervent apôtre."

Ce texte est extrait d'un essai historique de Louis Figuier datant de 1860. Le livre entier est consultable via le lien: google livres.

Il n'est pas inutile de rappeler que Jean-Baptiste Van Helmont né à Bruxelles en 1577 révéla scientifiquement l'existence des gaz dont le gaz carbonique. Certains le considèrent comme le Léonard de Vinci " belge ". CF biographie

 

 


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20-12-2009, 19:55:16 jb
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05-10-2009

La Grand-Place de Bruxelles alchimique - 4ième partie - Eglise St Nicolas

Suite de la troisième partie

L'église St Nicolas va nous révéler d'autres secrets:

Sur la droite de l'autel St Nicolas, se dresse une statue de Sainte Barbara:

sainte_barbe

 

 


 

En réalité, il s'agit de Sainte Barbe patronne de tous les métiers liés au feu et donc la patronne des alchimistes. Elle était censée les protéger des explosions de l'athanor ( four des alchimistes ).

Aux pieds de la sainte, on remarque une tour. Selon la légende, cette tour symbolise son adhésion à la sainte trinité ( remarquez les trois fenêtres ).  

Les alchimistes reconnaîtront l'athanor plutôt que la tour.

athanor

 


 

athanorv2

 


 

Image extraite de De alchimia libri tres

A côté de la statue de Sainte Barbe, un lambris nous indique symboliquement le but de l'alchimie:

lambris

 

 


 

Au centre l'apôtre Simon qui allait être nommé Pierre:

 


« Et moi, je te dis que tu es Pierre et que, sur cette pierre, je bâtirai mon Église et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elles. Je te donnerai les clés du royaume des cieux : ce que tu lieras sur terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur terre sera délié dans les cieux. » [Matthieu, 16, 18-19]

 

Cette phrase est étrangement proche de la première phrase de la table d'émeraude d' Hermes Trismégiste, le père de l'alchimie:

" Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose"

L'alchimie ne vise pas seulement à obtenir la Pierre philosophale qui transforme le plomb en or. Cette pierre est l'étape indispensable pour créer l'elixir de longue vie qui rend immortel.

Les panneaux latéraux du lambris rappellent cette quête d'immortalité. Remarquez le sablier ailé en haut. Il symbolise la chute éternelle du temps, notre destinée vers une mort inéluctable. Mais il peut se renverser et le sable qui était descendu en bas peut se retrouver au dessus ( de nouveau allusion à la première phrase de la table d'émeraude ).

En bas du panneau un bien curieux crâne coiffé d'une couronne de laurier. Arbustre consacré à Apollon, le laurier symbolise l'immortalité acquise par la victoire.

A suivre ... 5 ième partie


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05-10-2009, 20:41:26 jb
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02-09-2009

La Grand-Place de Bruxelles alchimique - 3ième partie - Eglise St Nicolas

Suite de la deuxième partie:

Je vous invite à suivre le parcours alchimique de la Grand-Place tel que suggéré par Paul de Saint-Hilaire.

L'adepte était censé pénétrer dans Bruxelles par la porte Ste Catherine ( ancien port de la ville ). Ce qui le ménerait tout droit vers l'église Saint Nicolas avant d'accèder à la Grand-Place par la rue au beurre.

st_nicolas

 


st_nicolas002

 

 


 

L'initié est invité à entrer dans l'église et découvre à l'entrée un Christ au pied doré:

christ_or

 


 

Il est d'usage de caresser le pied de la main droite. Geste qu'il faudra répéter à la fin du parcours alchimique mais cette fois sur le bras du gisant qui se trouve sous les arcades de la maison de l'étoile:

 

gisant

 


 

Mais revenons à l'église Saint Nicolas et allons voir l'autel dédié au saint patron des enfants.

st_nicolas003

 


 

Sous les pieds de Saint Nicolas remarquez  trois petits enfants:

st_nicolas004

 


 

Sans doute allusion à la légende des enfants au saloir:

 « Ils étaient trois petits enfants qui, s'en allaient glaner aux champs, » comme dit la chanson, « Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir.

Saint-Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et Saint-Nicolas ressuscita les trois enfants. »

D'autres histoires mettent en évidence le saint et le chiffre trois:

La légende des trois officiers

La légende des trois pucelles dont la fontaine se trouvait entre l'église et la grand-place, mais que la pudibonderie autrichienne obligea à cacher aux yeux du peuple. L'eau jaillissait de leurs seins. On racontait à l'époque qu'en jetant une pièce d'or dans la fontaine, il était possible de retrouver sa virginité.

Mais il suffit de lever les yeux au dessus de l'autel pour se convaincre que la trinité est vraiment présente:

st_nicolas005

 


 

st_nicolas006

 


 

Bon et alors ? Tout cela a l'air bien normal dans une église catholique. La trinité c'est le père, le fils et le saint esprit. L'oeil qui voit tout dans le triangle c'est Dieu tout simplement. Quel est le rapport avec l'alchimie ?

Il est bon de rappeler que le symbole du triangle rayonnant est partagé par d'autres institutions comme par exemple la franc-maçonnerie et que son origine est probablement liée à la mythologie égyptienne. Le triangle symbolise Isis, Osiris et Horus. L'oeil est celui d'Horus.

Pour info, le musée d'art et d'histoire du cinquantenaire à Bruxelles possède une petite  pyramide sculptée datant de l' Egypte ancienne. Au sommet un soleil rayonnant ou peut-être un oeil stylisé.

pyramide

 


 

Le triangle rayonnant se retrouve aussi dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. On ne peut pas dire que les révolutionnaires français étaient de fervents catholiques. Ils avaient instauré  le culte de l'être suprême afin de déchristianiser la France.

Declaration

 


 

 

Pour l'alchimie la trinité est synonyme de Grand-oeuvre. Le travail alchimique se divise en trois phases: l'oeuvre au noir, l'oeuvre au blanc et l'oeuvre au rouge. Pour l'alchimiste tout corps est constitué de trois substances: le soufre, le mercure et le sel:

« Parmi toutes les substances, il en est trois qui donnent à chaque chose leur corps, c'est-à-dire que tout corps consiste en trois choses. Les noms de celles-ci sont : Soufre, Mercure, Sel. Si ces trois choses sont réunies, alors elles forment un corps (...). La vision des choses intérieures, qui est le secret, appartient aux médecins. (...) Prenez l'exemple du bois. Celui-ci est un corps par lui-même. Brûlez-le. Ce qui brûlera, c'est le Soufre ; ce qui s'exhale en fumée, c'est le Mercure ; ce qui reste en cendres, c'est le Sel. (...) Ce qui brûle, c'est le Soufre ; celui-là [le Mercure] se sublime, parce qu'il est volatil ; la troisième Substance [le Sel] sert à constituer tout corps. »

extrait de Paracelse, Liber paramirum (1531), Livre I : "Des causes et origines des maladies provenant des trois premières Substances", chap. 2 : Œuvres médico-chimiques ou Paradoxes. Liber paramirum, trad. de l'all. J. Grillot de Givry (1913), Milan, Archè, coll. "Sebastiani", 1975, t. 1 p. 158-161.

Si le sel constitue tout corps, on comprend mieux la légende des trois enfants au saloir... Et si St Nicolas a attendu sept ans pour redonner vie aux trois enfants, c'est que le chiffre sept est aussi un chiffre alchimique...

Notez aussi qu'il y a sept anges autour du triangle rayonnant.

Saint-Hilaire fait remarquer qu' une tête de mort est posée sur le genou de l'ange inférieur gauche. Il symboliserait une des étapes de l' oeuvre alchimique: la putréfaction de la matière première:

putrefaction

 


 

A suivre... quatrième partie.


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02-09-2009, 22:51:32 jb
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24-08-2009

La Grand Place de Bruxelles alchimique - 2ième partie

Comme expliqué dans mon premier article le chiffre sept est récurrent dans l'histoire de Bruxelles. Mais cela ne suffit pas à prouver que la Grand-Place soit un grimoire alchimique à ciel ouvert. Il faudrait que la construction des édifices ait été gérée par un groupe d'initiés veillant à la mise en place de la symbolique alchimique sur les diverses façades. Jean van Win, dans son livre " Bruxelles maçonnique" prétend que c'était impossible, vu le nombre d'intervenants sur les différents chantiers.

C'est vrai que la Grand-Place d'aujourd'hui est le résultat de nombreux travaux qui s'échelonnent sur différentes époques. La plaque commémorative qui se trouve sous les arcades de la maison de l'étoile en témoigne:

P1010059

 


 

Il existe cependant dans l'histoire de la Grand-Place un moment privilégié où il aurait été possible de concevoir un plan d'ensemble puisqu'en 1695 le maréchal de Villeroy ( le plus stupide des officiers de l'armée de Louis XIV ) bombarda le centre de la ville. Comme la plupart des maisons de la Grand-Place étaient construites en bois, un énorme incendie acheva d'anéantir le lieu.

Gplace_1695

 


 

Pour des infos complètes sur l'histoire du bombardement de Bruxelles, voir l'article de wikipedia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardement_de_Bruxelles_de_1695

Malgré l'ampleur de la catastrophe, la Grand-Place fut reconstruite en moins de cinq ans, encore plus belle qu'avant. C'était un véritable exploit nécessairement géré par un maître d'oeuvre hors pair. Il semblerait d'après Saint-Hilaire que l'architecte principal fut Guillaume Debruyn:

"On peut considérer Guillaume Debruyn (1649-1719) comme l'auteur de la Grand-Place, et plus spécialement de son décor symbolique."

A suivre... troisième partie

 


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24-08-2009, 22:21:47 jb
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18-08-2009

La Grand Place de Bruxelles alchimique- première partie

Paul de Saint-Hilaire dans son ouvrage " Bruxelles mille ans de mystères" affirme que  la Grand Place révèle par divers symboles les opérations permettant de découvrir la pierre philosophale.

Pour rappel la voie sèche ou courte qui est illustrée sur la Grand Place comprend sept étapes, sept étant semble-t-il le chiffre récurrent en alchimie.

Newton qui était obsédé par le grand oeuvre ne voyait-il pas sept couleurs dans la composition de la lumière solaire ?. ( Voir le documentaire de la BBC sur le sujet: Newton the dark heretic.)

Il semble d'ailleurs que Bruxelles ait des affinités avec le chiffre sept.

En 1306 une charte reconnaît sept familles souches bruxelloises. Il fallait en faire partie pour briguer un des sept mandats d'échevin de la ville. En 1646 Erycius Puteanus représente ces lignages par cette gravure ( extrait de Bruxella Septenaria )

 


Pour info site des descendants http://www.lignagesdebruxelles.be/

Saint-Hilaire voit dans la gravure de Puteanus la rose aux sept pétales des alchimistes. Chaque pétale symbolise un métal, une planète et un archange.

La première enceinte de Bruxelles comptait sept portes. Chaque famille souche possédait une des clefs.

1- La porte noire ou de Malines

2- La porte Sainte Catherine

3- La porte Saint Jacques ou d'Overmolen

4- Steenpoort

5- La porte de Coudenbergh

6- La porte Sainte Gudule ou Treurenberg

7- La porte aux herbes potagères ou Warmoesbroek

Chaque porte conduit vers la Grand-Place où trône l'archange St Michel équivalent au mercure chez les alchimistes.

En tout cas, le chiffre sept est bien présent dans l'environnement de la Grand Place:

Sept rues aboutissent sur le lieu ( rue des chapeliers, rue de l'étoile, rue de la tête d'or, rue au beurre, rue chair et pain, rue des harengs et rue de la colline ).

Trois blocs d'édifices sont divisés en sept maisons:

Le bloc compris entre la rue de la colline et la rue des harengs:

P1000795

 


 

Le bloc compris entre la rue au beurre et la rue de la tête d'or:

P1000796

 


 

Et le bloc entre la rue au beurre et la rue chair et pain:

P1000797

 


 

L' édifice des ducs de Brabant ( entre la rue de la colline et la rue des chapeliers ) comprends 9 maisons. Toutefois Saint-Hilaire affirme que les deux dernières maisons à droite font partie de l'étape correspondant au bloc des cinq maisons entre la rue des chapeliers et la rue de l'étoile. 

P1000694

 


P1000794

 


 

 A suivre...deuxième partie

 


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18-08-2009, 22:54:17 jb
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21-07-2009

Notre Dame du sablon - les vitraux

 

Les vitraux de l'église du Sablon sont de toute beauté. Ils furent détruits une première fois lors d'une tempête de grêle le 25 mai 1513. Puis une nouvelle fois le 12 août 1763. On attribue quelques vitraux actuels à un vitrailleur brugeois: Samuel Coune. Les oeuvres furent réalisées vers 1861. Mais d'autres datent de plus tard comme un vitrail consacré à la guerre de 1914 et attribué à Ganton-Dufouin en 1920.

A admirer en cliquant sur les imagettes ci dessous:

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21-07-2009, 20:40:26 jb
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07-07-2009

Notre dame du Sablon : église du féminin sacré ?

En visitant l'église du Sablon à Bruxelles, on est frappé par le nombre de figures féminines qui y sont représentées.

Il y a d'abord la légende de la vierge à la barque qui a fait l'objet de mon article précédent. Mais il y a plus.

Voici par exemple le porche situé rue de la Régence:

P1000543


Voyons plus en détail:

P1000542


Le Christ est entouré de femmes. Quatre au dessus, une à droite et une à gauche.

St-Pierre, reconnaissable par les clefs qu'il tient en mains, est en retrait par rapport à la dame qui se tient à la droite du Christ.

P1000542v2


A la gauche du Christ une autre dame qui par ses attributs symboliques fait penser à Marie-Madeleine: elle a une longue chevelure et tient une fiole de parfum dans les mains. 

 

P1000542v3


J'en ai eu la confirmation en visitant le musee d'art et d'histoire au cinquantenaire. Là j'ai trouvé une sculpture en bois de Marie-Madeleine attribué à Jean Borreman ( 1490-1500 ). Comme les sculptures extérieures de l'église sont relativement récentes (entre 1917 et 1937), l'artiste a du s'inspirer de ce modèle typique de la sculpture brabançonne.

 

mm


Le personnage suivant est sans doute St-Jean, le disciple bien aimé toujours représenté en art comme un jeune homme à l'allure androgyne, surtout si on compare par rapport à la collection de barbus qui viennent après.

 

 

Le parvis est encore plus constellé de figures féminines:

P1000540

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P1000538


Je trouve celle-ci particulièrement expressive:

remarquez la flèche dans sa main droite. Est-ce la patronne des arbalétriers?

En tout cas, c'est la seule figure féminine sans coiffe avec les cheveux qui tombent sur les épaules. Choquant pour l'époque...

P1000561


En voici d'autres:

P1000562

 

P1000562v2


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07-07-2009, 20:21:57 jb
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05-07-2009

La légende de Notre-Dame du Sablon

Cette église superbement rénovée est située au 38 rue de la Régence à Bruxelles.

P1000564

C'est en 1304 que la puissance guilde des arbalétriers reçut l'autorisation de construire une chapelle en l'honneur de la Vierge sur un terrain qui servait de cimetière à l'hôpital Saint-Jean au Marais.

Voici la légende:

En 1348, une dévote Béatrice Soetkens vit apparaître la Sainte Vierge qui lui ordonna d'enlever son image d'une église d'Anvers pour l'installer dans une autre à Bruxelles. Béatrice alla donc dérober l'objet précieux à la barbe du sacristain qui en voulant la poursuivre fut changé en statue de sel. Protégée par la Vierge, elle fit le voyage d'Anvers à Bruxelles dans une barque en remontant l'escaut jusqu'à la Senne.

La nouvelle se propagea rapidement à Bruxelles. Béatrice fut reçue en grande pompe par le duc Jean III de Brabant en personne et les magistrats de l'époque. Les arbalétriers furent chargés d'installer le précieux butin dans la chapelle du Sablon.

Vers 1600, le chirurgien privé des archiducs voulut rappeler cette légende en offrant à l'église un groupe sculpté:

P1000551

 

P1000552

 

P1000553

 

C'est sans doute notre chirurgien qui figure en médaillon. Béatrice est à gauche en train de prier. Un homme aux allures de St Joseph conduit l'embarcation.

 

Ce n'est pas la seule représentation de la légende qui existe dans l'église.

P1000557

 

Vous trouverez ce plâtre sur le plafond juste à l'entrée. Attention aux torticolis... Vous remarquerez que le St Joseph a changé d'allure.

 

P1000513

Cette représentation a l'air récente et plutôt naïve.

P1000516

La voici incrustée dans la porte d'un reliquaire. L'embarcation ressemble à un drakar avec sa tête de dragon à l'arrière. Ici la vierge est assise sur une sorte de trône avec des accoudoirs en forme de serpents.

 

P1000548

 

Ici en médaillon fixé sur un pilier. L'embarcation a des allures de caravelle.

 

P1000530

Au centre de ce magnifique vitrail, la vierge est de nouveau représentée debout sur une barque.

 


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05-07-2009, 20:44:29 jb
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